Quoi dire de plus ?

Les mythes ont la vie tenace, et peut-être encore plus dans le monde du sport.
Qui n’a jamais entendu dire « Oula, ne commence pas la musculation avant d’avoir fini ta croissance, parce que sinon tu risques de la stopper ». Pourtant, on a tous des amis très sportifs qui étaient super musclés au collège ou au lycée, et qui ont fini super grands. Et on comprenait pas bien pourquoi. « Génétique » diraient certains, et ils n’auraient pas forcément tort, la génétique peut effectivement compter pour beaucoup. Néanmoins, pas à ce point là, et j’espère aujourd’hui démontrer à quelques personnes encore réticentes que cette discipline est bien plus nuancée au niveau de ses effets qu’on ne le croit.

L’effet « causes conséquences »

Quand on voit des gens qui font de l’haltérophilie, ou de la gymnastique – les deux disciplines ou l’on voit les hommes les plus musclés – on est de suite frappés par quelque chose : ils sont de façon générale petits.
La chose à laquelle on ne réfléchit pas, ou peut-être qu’on ne veut pas trop y penser, c’est que bien souvent, ce n’est pas l’activité qui forme les gens, mais bien les plus doués qui restent à l’activité. Par exemple au Basketball, il sera bien rare de voir en NBA un joueur de moins d’1m80, et pourtant si le Basket faisait grandir, ça ferait bien longtemps que tout le monde y inscrirait ses enfants.
Eh bien c’est exactement pareil pour tout ce qui est sports de forces.
Le corps humain est composé de beaucoup de systèmes de leviers. Plus les segments sont longs, plus les leviers sont en porte-à-faux. Le résultat très concret, c’est que les petits, avec leurs bras de levier plus courts et pouvant donc générer plus de force, sont considérablement avantagés pour soulever des charges lourdes. Sans compter sur le deuxième effet kiss cool, à savoir que soulever une charge depuis le sol jusqu’à 1m80, c’est plus dur que jusqu’à 1m60.

Naturellement donc, ceux qui gagnent de plus en plus de compétitions sont les plus petits, et jusqu’à ce qu’une adaptation dans les règles (peut-être par catégorie de taille, allons savoir) soit faite, ça ne risque pas de changer.

Les risques d’une population en croissance

Richard Sandrak, l’homme qui un jour fut l’enfant le plus musclé du monde, se porte aujourd’hui pas mal du haut de son mètre soixante-quinze

Attention, j’ai pas dit que c’était dénué de risques que de pratiquer la musculation à de très jeunes âges. Il existe en effet des fragilités liées à la jeunesse et la croissance, les os ne sont pas tous bien soudés, notamment le sternum par exemple, qui jusqu’à très tard reste plus ou moins souple (les mouvements de type dips sont d’ailleurs fortement déconseillés).
Si par malheur une fracture arrive à ces endroits stratégiques, la croissance de certaines parties risque de s’en retrouver compromise.
Et il n’est d’ailleurs pas seulement question de taille, mais aussi de malformations. L’exemple le plus typique reste la scoliose, déformation de la colonne vertébrale pouvant avoir de graves conséquences si pas traitée avec sérieux.
Mais aussi étonnant que ça puisse paraître, ça n’est pas en musculation que l’on voit le plus de fractures ou de problèmes de ce genre, mais plutôt dans l’activité physique dite plus « classique », type sports collectifs, vélo, etc.
Et pour autant, il ne viendrait jamais à l’idée de parents responsables de supprimer toute activité physique de leurs enfants, et les bénéfices qui y sont liés, pour de telles risques.

La musculation, comment la pratiquer jeune ?

Eh bien les conseils à appliquer sont plutôt simples. D’abord, jusqu’à avoir un certain âge, à peu près 15 ans, je préconise le poids du corps (avec peut-être un peu d’ajout, du genre des livres dans un sac sur le dos pour les pompes), car on sera ainsi sur d’éviter les traumatismes majeurs. On doit insister sur une technique parfaite, et ne jamais charger lourd avant au moins 18-20 ans.
De façon générale, il vaut mieux investir dans des cours avec un coach que de faire n’importe quoi tout seul, pour rentabiliser son temps, et être sur d’éviter les accidents.
Ne pas hésiter aussi à faire un peu plus de volume si on sent qu’on peut pousser, l’endurance est là, l’intégrer dans les séances de musculation, tant que ce n’est pas abusif, est plutôt recommandé pour pouvoir se « dépenser ».

Sur ce, j’espère que j’ai pu éclairer la lanterne de certains et certaines.
Allez, prends soin de toi et à la prochaine !

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