La perte de gras : une affaire d’esthétique ou plus que ça ?

La mode est au dad bod, mais es-ce que la santé suit ?

La mode est au dad bod, mais es-ce que la santé suit ?



Si nous sommes l’espèce dominante de la planète aujourd’hui, il y a plusieurs explications. Cependant, elles dépendent toute d’une seule chose : notre capacité d’adaptation. Avec un détail ou un autre en moins, peut-être qu’aujourd’hui, nous ne serions que du bétail pour une espèce plus évoluée.
Et justement, ce dont je vais te parler aujourd’hui est un de ces outils indispensable : le gras.
Si je commence cet article comme ça, c’est pour que tu ais bien dans la tête quelque chose : si aujourd’hui, se débarrasser du gras est un peu le saint graal de toute personne prenant un peu soin de son corps, il n’en a pas toujours été ainsi.

La fonction de la graisse.

L’ours est un des animaux à partager cet avantage avec nous.

En effet, tu l’auras très probablement remarqué durant dans les périodes de fête, ou d’activité physique amoindrie, on a tendance à prendre du poids très, mais alors très rapidement. C’est quand même fou de se dire qu’un cheval peut rester toute l’année à 5-6% de graisse, sans se priver hein (j’en veux pour preuve les chevaux sauvages), alors que nous, 3 jours de débauche, et on gonfle.
Ouais, mais justement, nous, on peut pas bouffer de l’herbe. Et nos ancêtres n’avaient pas le Carrouf’ du coin pour remplir le frigo en cas de banqueroute.
En fait même, ils avaient pas de frigo.
Ca a l’air de rien comme ça, mais y’a pas une tonne d’animaux qui ont pour habitude se faire un garde manger.
Du coup, la nature a trouvé ses solutions, pour pas qu’on crève la gueule ouverte à la première petite famine, par manque d’énergie. Oui, tu commences à comprendre ou je veux en venir : Le gras, c’est un peu notre réfrigérateur personnel.
Dans un certain sens, c’est même rudement plus efficace : les lipides (la graisse) valent 9 kcalories au gramme, soit plus de deux fois plus que les sucres ou les protéines (4kcal chacun respectivement).
Puis y’a pas besoin de se nourrir ou de digérer : c’est déjà là, à disposition.
Pour arriver à se constituer cette réserve cruciale, le corps fait quelque chose de tout simple : il récupère le maximum d’énergie possible – celle qu’on ne dépense pas dans la journée – pour la stocker.

Malin hein ?
Oui effectivement, puisque comme je te le disais, c’est probablement grâce à ça entre autres choses, qu’on est là pour en parler aujourd’hui.

Il faut simplement se rappeler qu’à l’époque, et jusqu’à assez récemment en fait, on dépensait BEAUCOUP PLUS de calories par jour, et que les sources d’énergies étaient beaucoup plus rares. Ce qui veut dire que nos aieuls n’étaient pas gros pour autant, le fait d’avoir ce mécanisme là était donc véritablement un avantage, ce qui veut dire que la nature a naturellement favorisé ceux étant capable de stocker plus rapidement, particulièrement dans les pays froids ou la demande calorique augmente pour maintenir une température corporelle décente.
J’en veux pour preuve qu’encore aujourd’hui, dans bon nombre de cultures moins « avancées » que le monde occidental (philipinnes, tribues diverses…), être gras est vu comme un signe d’opulence et de bonne santé, quelque chose à rechercher.

Néanmoins, les 100 dernières années – ce qui n’est rien d’un point de vue évolutif – ont vues une évolution drastique de notre situation : désormais, nous avons tendance à faire de moins en moins de métiers physique, donc une baisse de la dépense calorique, tout en ayant a notre disposition des montagnes de nourriture ( Et ayant encore les instincts de « stockage » nous mangeons jusqu’à plus souvent qu’on ne l’estime nous en faire « péter le bide »).

Résultats : de la production de gras, de BEAUCOUP de gras.

Es-ce possible d’être en bonne santé en ayant de la graisse ?

Oui, les gens gros et sportifs existent. Es-ce que ça veut dire qu’ils sont en bonne santé pour autant ?

Bon, maintenant qu’on connait le rôle de la graisse, et qu’on sait que finalement, c’est un processus naturel, on pourrait se dire « Bon bah, si c’est naturel, c’est que ça doit être sain ».
Malheureusement, c’est un raisonnement simpliste.
En effet, comme je l’ai déjà expliqué, notre corps n’est pas fait pour stocker beaucoup de graisse, le fait d’avoir un bon mécanisme de production de cette dernière a été favorisé car il était très difficile d’en stocker avec le niveau d’activité physique de l’époque.
Cependant, il nous manque un « limiteur » naturel de graisse. En effet, là ou on ne peut pas faire une hypertrophie musculaire indéfiniment, le stockage de graisse n’est limité que par notre capacité d’ingestion.
Tu peux virtuellement grossir jusqu’à peser le poids que tu veux.

Mais quand je dis que le corps n’est pas fait pour cela, ce n’est pas une phrase en l’air : la présence de trop de graisses dans ce dernier engendre des conséquences catastrophiques.
Tout d’abord extérieurement : il devient difficile de se déplacer, or manquer d’activité physique est un facteur de mauvaise santé. Ensuite intérieurement : Un déséquilibre de la balance hormonale entraînant des risques accrus de maladies en tous genre, et le stockage de graisse à des endroits de plus en plus mauvais, jusqu’autour du coeur, ce qui devient gravissime.

Il existe un seuil de graisses exprimé en pourcentage total de la masse corporelle à ne pas dépasser si on veut être en bonne santé.

En définitive, s’il est clairement possible d’être en mauvaise santé sans un pet’ de graisse, il est impossible d’être en santé optimale si on dépasse un certain seuil (c’est ça le BMI, en gros).

L’influence du gras sur le sport

Bon, mais si je reste en dessous de ce seuil, alors je peux pratiquer du sport et être à l’optimal de mes capacités non ?

Eh bien, pour te la faire courte, non.
Ce seuil est à titre indicatif pour les personnes non sportives, pour qu’elles aient un point de repère, et aussi pour que les médecins puissent leur dire de faire attention. Mais si les athlètes des jeux olympiques sont très secs de façon générale, ça n’est pas pour rien.
Chaque gramme de graisse en plus est un poids à tirer qui ne t’apporte rien. Et courir, sauter, ou faire n’importe quelle activité physique intense (sauf rares exceptions) deviendra beaucoup plus dur même avec juste un peu de poids en plus.
Pour faire l’expérience, tu peux simplement essayer de courir un 100 mètre normalement, puis ensuite en portant un poids de 2,5kg fixé contre ton corps. Bien sur que tu pourras quand même courir, mais l’effort sera plus important, et plus important même que ce que tu peux t’imaginer pour un si faible poids rajouté.

Evidemment, ça ne s’applique pas aux kg de muscle, car ceux-ci apportent certes du poids, mais compensent en permettant d’en soulever-tirer plus, donc au final, ils améliorent la performance. Ce dont le gras ne peut pas se targuer.

Dans un article précédent, j’ai parlé du cas particulier des strongmen, qui mangent énormément, quittent à augmenter leur pourcentage de masse grasse, tant qu’ils gagnent du muscle et donc de la force. C’est typiquement un sport ou la force relative au poids du corps n’a aucune espèce d’importance : le plus fort de tous gagne. Dans ce genre de cas, la masse grasse peut être négligée, bien que ceux qui la gardent relativement faible (comme Hafthor Bjornsson par exemple) soient très avantagés quand l’épreuve devient un peu plus cardio.

En conclusion donc, ce qu’il faudra retenir, c’est que plus le taux de masse grasse est faible (dans la mesure du raisonnable, passer en dessous de 5% a tendance a être dangereux), meilleure la santé et la condition physique sont.

Donc la prochaine fois que quelqu’un te dira « De toutes façons, ça sert à rien de perdre du poids » tu sauras quoi lui répondre 🙂

Sur ce, prend soin de toi et à la prochaine !

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