Non, ce n’est pas savoir ou se trouve le combat…


Une fois n’est pas coutume, je vais te parler d’un sujet un peu plus pointu que le sport ou le fitness de manière générale. Toi, lecteur assidu du blog évidemment, tu n’es pas sans savoir que je suis pratiquant d’arts martiaux, et plus particulièrement (pour ne pas dire quasi exclusivement) de Kendo. Je vais donc aujourd’hui essayer d’aborder un des points clés de la pratique martiale (et j’inclus là dedans les sports de combat) qui à mon sens n’est pas assez souvent traité, à savoir, comme le titre l’indique, le sens du combat.
Mais tout d’abord, commençons par le début non ? A savoir, la question à un million de dollars :

Qu’es-ce que c’est que donc que le sens du combat ?

Ce gars là a même battu superman !

Pour aborder cela, il faut distinguer à mon avis deux aspects qui se complètent au sein de n’importe quel type de sport de combat/art martial :

– La technique, qui inclue non seulement les qualités de pure apprentissage des mouvements, et enchaînement, mais aussi l’aspect physique, à savoir l’endurance, la force, la vitesse, bref, tout ce qui réside en fait dans l’aspect mécanique pur, qui ne peut s’améliorer qu’à force de longues heures d’entraînement.

– Le mental, qui regroupe tout ce qui se passe dans la tête d’un combattant, l’endurance à la fatigue musculaire (ne pas lâcher prise), la capacité de concentration, et surtout – tu l’attendais avoue – le sens du combat.

C’est donc une qualité essentielle du combattant. Elle permet en fait de savoir quoi faire et quand avec ses propres techniques pour en tirer le meilleur bénéfice.
C’est elle qui permet au combattant d’analyser la relation avec son adversaire. Ca n’est pas une relation amicale, bien sur, mais ça en reste une.
En gros tu peux voir ça comme la faculté qu’ont les champions d’échecs à prévoir deux ou trois coups à l’avance, à la différence près qu’un combat est infiniment plus complexe en terme de possibilités, et donc qu’il y a une part de calcul, mais aussi une d’instinct et de disponibilité.

C’est ce qui a permis à des gens à la technique moyenne de s’imposer comme des champions, et je dirai même plus, c’est ce qui différencie les champions des légendes.
Des exemples de gens avec ce sens aiguisé à son paroxysme ? Mohammed Ali, Bruce Lee… Ce dernier disait même que son art martial, le Jeet Kune Do, était uniquement axé autour de ça. Et quand on voit le parcours des gens qu’il a formé… On ne peut que se dire que ça doit quand même être pas mal ce machin.

Bon, maintenant que j’ai dégrossi un peu le bouzin, on va passer à la partie qui devrait intéresser les pratiquants d’arts martiaux. Bien sur, je ne suis pas moi même une légende, et si j’avais toutes les techniques ultimes, t’inquiètes pas que ça se saurait.

Néanmoins, je pense que l’analyse que j’en ai tiré devrait intéresser au moins ceux qui sentent avoir du mal avec cette partie là en particulier :

Comment acquérir et développer le sens du combat ?

Ben il faut mettre des points de skill dedans mec !

Pour certains, c’est une compétence innée, qu’on décrit souvent à tort comme une forme de talent. Mais j’ai pu remarquer en kendo, qui s’axe quasiment exclusivement sur ce sens là à haut niveau, qu’il y a 1 débutant sur 1000 qu’il l’a, et pourtant, au bout de quelques années, tout le monde le développe ou presque.

Ce qui veut dire qu’il y a bien une évolution de cette compétence, qu’on peut l’acquérir en somme. Seulement, à la différence de l’entraînement physique, qui s’améliore petit à petit, le mental lui, se bonifie par prise de conscience. Ce qui entraîne souvent une progression « plateau-bond »par cycle.

Dans un premier temps, pour acquérir les bases, il faut combattre beaucoup, apprendre à savoir « palper » cette relation avec le partenaire. Quand je dis beaucoup, c’est en fait quelque chose qui va dépendre totalement de la personne. Mais un conseil que je pourrais donner, c’est l’ouverture.

Si tu cherches absolument à placer tes techniques en t’en foutant du reste, tu risques de passer à côté toute ta vie. Alors oui, tu deviendras un bon technicien, mais le côté tactique, tu pourras te le mettre dans l’os. Au contraire, il faut accepter de prendre des coups. En Kendo (oui, je vais beaucoup m’y référer durant cet article), on dit qu’apprendre à prendre des coups, et à être un bon « sparring partner »(motodachi) c’est le niveau 0 de la relation, c’est clairement pas avec ça que tu vas devenir un guerrier invincible, mais c’est la première étape.

Parce qu’il est impossible de savoir esquiver, contre attaquer, ou même menacer l’adversaire sans en avoir un minimum pris. Et plus tu auras des adversaires divers et variés, plus tu auras un large pannel sur lequel t’appuyer pour juger un inconnu et comprendre comment il fonctionne.

Ensuite, il faut que tu apprennes à regarder les combats. J’ai un ami qui s’est cassé un bras un jour, il est resté pendant 1 mois sans faire de Kendo. Quand il est revenu, il était encore plus fort qu’avant, parce qu’il était venu à tout les cours… regarder.
La visualisation est un outil essentiel. Il ne s’agit pas de regarder 1000 combats bêtement. Mais si tu en regardes un, et que tu te mets dans la peau des combattants, tu progresseras. Pour cela, une chose simple, te demander ce que tu aurais fait à la place d’un tel ou d’un tel. Comprendre pourquoi ce coup là est bien passé, alors qu’un autre pas du tout… Bref, refaire les assauts.

Une autre façon de progresser, c’est de te fixer des défis. Je sais, ça peut sembler idiot, car tu te diras sans doute « ouais mais si je fais ça, ça ne va pas complètement perturber mon sens du combat plus tard ? Si je me fixe un défi ça fausse tout et je ne vais penser qu’à ça ».
Et c’est pour ça qu’il faut le faire intelligemment, à savoir, pas tout le temps la même chose, pas à tous les combats, et pour corriger des défauts de « relation ».
Si dès que tu te sens menacé, tu as tendance à rompre la relation en te protégeant, quelque chose d’intéressant serait sans doute de te forcer à ne pas protéger, quitte à s’en prendre un peu, ou même esquiver.
Le mieux est de le faire contre des personnes en dessous de son niveau, ainsi, les deux peuvent travailler. Et contre quelqu’un de plus fort, y aller à fond sera toujours bénéfique, pour les deux.

Bref, j’espère que maintenant, tu auras quelques clés pour travailler tout(e) seul(e) cette notion qui me paraît négligée et pourtant essentielle dans tous les arts martiaux !
Prend soin de toi et à la prochaine !

Un Commentaire

  • C'est hyper intéressant comme sujet, et ça mérite d'être énormément développé. je trouve ce petit article très bien mais ça me laisse un peu sur ma faim… on en parlera IRL^^ et ça ressortira peut être par ici. En tout cas je trouve ça très bien pour ton web concept car ça sort un peu du fitness dont tu parle beaucoup pour se tourner vers une capacité "centrale" (à mon sens) dans les arts martiaux/sport de combat'n'co et ça peut plaire à ton public budoka. Au plaisir l'ami!

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