Morphologie/métabolisme : Croyances et réalités

Toua ma chériiiee tou est ploutôt en « o »


Aaaah, ce sujet là, je me demande pourquoi je n’en ai pas parlé plus tôt. J’ai vu tellement de personnes se prendre la tête là dessus, tellement de médias confondre le vrai, le faux, mixer les deux ensemble et ressortir des ersatz d’explication en nous disant à tout venant que c’était la seule et unique vérité.
Ce qui est marrant, et en même temps qui ne l’est pas du tout si on réfléchit deux secondes, c’est que ces « vérités » sont relayées même aux yeux du grand public et des chaînes d’information réputées, tant et si bien qu’on finit par se dire « Si même le grand monsieur dans la télé le dit, c’est que ça doit être vrai ».
Ma politique, c’est qu’il faut te renseigner, et je t’invite à te renseigner encore plus sur ce genre de sujets, car bien souvent, tu tomberas sur bien plus intéressant et complet sur le web (si tu fais bien attention à croiser et vérifier les sources bien sur) que n’importe où ailleurs (si on excepte les bibliothèques, mais là encore, faut bien faire attention et croiser).

Mais trêve de de recommandations d’usage, et allons directement dans les faits, à savoir :

En quoi la morphologie influence l’activité sportive ?

Vegeta, a plutôt besoin de faire 20 séries de décoloration du cuir chevelu pour prendre de la masse : à chacun ses exercices adaptés !

Cette question est difficile à traiter telle quelle, c’est pourquoi j’ai décidé de mettre d’abord en avant ce qui n’est pas de la morphologie, pour mieux t’expliquer par la suite ce qui en relève réellement et qu’es-ce qui doit découler dans ta pratique sportive de l’analyse de la tienne.

Mais encore une fois, afin d’être le plus précis possible, il faut définir ce qu’est cette discipline.
Le Larousse nous en dit ceci :

Étude de la forme et de la structure externe des êtres vivants dans les différentes sciences biologiques

Il faut noter que structure externe ne veut pas dire uniquement ce qui se voit à l’extérieur, mais plutôt tout ce qui est macroscopique, à l’inverse de la structure interne qui s’intéresse plutôt aux cellules et mécanismes chimiques des corps. Ainsi, on parlera de morphologie pour la forme de l’estomac par exemple, mais pas pour ce qui se passe dedans 🙂
Bon, très bien, mais ça ne nous avance pas des masses hein ?
On va simplifier ça et le mettre à notre échelle de sportif, ce sera donc pour nous :

L’étude de toute la structure de notre corps, innée et inchangeable.

J’insiste particulièrement sur ce dernier point : tout ce qui est « changeable » ne fait par définition pas partie de la morphologie, car ça ne fait pas partie de notre « structure » !
Ce qui nous fait une parfaite transition pour la première partie à savoir :

Qu’es-ce qui n’est pas de la morphologie ?

On va s’intéresser à une théorie, une vieille théorie tenace qui ressort sur beaucoup de sites de musculation peu sérieux. à savoir celle des morphotypes.
Pour bien comprendre de quoi il en retourne, la voici :
Il existerait trois principaux types de morphologie (contracté en « morphotypes »), qui se distingueraient de la façon suivante :

Les endomorphes, grosse ossature, tendance à faire de la graisse et moyennement avantagés pour faire de la musculation.

Les mésomorphes, naturellement musclés, les plus « dotés » par la nature.

Les ectomorphes, ossature fine, des muscles fin, naturellement dotés pour l’endurance, grosse difficulté à faire du muscle, maigres.

Jusque là on peut presque se dire « mais oui, mais bien sur, je me retrouve dans une de ces catégories ». Sauf qu’en réalité, et je dirai dans 98% des cas, ça n’existe pas.
Cette théorie, c’est un psychologue du nom de Sheldon qui l’a mise au point en 1940, en regardant des photos.
Attend, je te le répète : un PSYCHOLOGUE, qui l’a mise au point, en regardant des photos !
Aucune étude scientifique (les psychologue, à l’inverse des psychiatres, ne sont pas docteurs), et rien de sérieux en somme, seulement un gars peut-être un peu plus lettré, qui a su mettre des mots compliqués sur « Gros, musclé, maigre ».

Sauf que gros, musclé, et maigre, ça n’a rien à voir avec l’inné, mais on va revenir là dessus dans la deuxième partie.

J’aimerai aussi revenir sur deux points essentiels :
La grosseur des os, et le métabolisme.

Si il est vrai que la grosseur des os a tout de morphologique (après tout, c’est un facteur inné et inchangeable), et que cela peut-être un indice du potentiel musculaire maximum (en terme de mensurations uniquement), ça reste uniquement un indice ! Les gens qui ont des gros os ne sont pas naturellement plus musclés, c’est faux. A la rigueur paraître plus musclé, oui, et ça dépend des gens. Et puis, très souvent, on a des os plus développés sur une certaine partie du corps, mais à l’inverse, à certains endroits non, et vice versa chez d’autres.
En définitive : c’est plus complexe que ça en a l’air.

Enfin, le métabolisme. Bon, on digresse un peu car ce n’est pas purement morphologique, mais dans le sport, les deux sont liés, et comme ça fait partie de la même catégorie de mythe, je me permet de balayer ça d’un revers de la main avant de passer à la suite.
Chacun a une façon différente de consommer les calories ou de les stocker, ça peut être lié à beaucoup de facteurs, génétique, sport, activité physique dans le travail, etc.
Néanmoins, en réalité, pour 95% de la population, on est dans les mêmes normes. A savoir : si tu ne prends pas de poids (muscle ou graisse) c’est que tu ne manges pas assez, si tu ne perds pas de poids, c’est que tu manges trop.
Je sais que ça semble définitif, et catégorique, mais il faut regarder les choses en face, une grande partie des gens qui sont obèses, ou gros, se disent que pourtant, ils ne mangent pas beaucoup. Et si il est vrai que pour une petite partie, c’est purement hormonal ou génétique, dans l’immense majorité des cas, c’est tout simplement parce qu’ils mangent trop. On ne parle pas de manger des choses saines ou non, on ne parle pas de manger des gros repas ou non, on parle simplement de manger TROP.
Par exemple, manger des repas gargantuesques, mais plein de produits « healthy », ça ne va pas réduire le nombre de calories que tu ingères, et par là même, tu vas rester gras.
Manger des petits repas, mais te faire des goûter fournis au nutella et aux croissants, c’est aussi trop manger !
En définitive, comme je le répète depuis pas mal de temps sur ce blog, le métabolisme n’est en réalité que très secondaire, d’abord tu dois surveiller tes calories, et comme par miracle, je t’assure que tu vas fondre à vitesse grand V si tu le fais.

Le raisonnement inverse fonctionne pour les gens « maigres » qui disent manger énormément, en surveillant les calories, on se rend compte que la prise de masse/poids arrive très vite.

Mais bref, maintenant que les bases sont posées, on va rentrer dans la deuxième partie de l’article, celle qui nous intéresse :

Qu’es-ce qui tient de la morphologie ?

Bon alors forcément, si t’as du polynectar, c’est de la triche.

Donc penchons nous sur ce sujet, et regardons ce qui est immuable dans notre corps, car la définition qu’on en a faite insiste là dessus.
Première chose à laquelle tu dois penser, car on vient d’en parler, c’est les os pas vrai ?
Eh bien c’est exact, les os tiennent effectivement de la morphologie, et il est même très utile de connaître sa configuration osseuse, qui diffère largement d’un individu à l’autre.
Avant de continuer, je veux te préciser qu’il existe des tas de configurations osseuses, qui sont complexes, et mieux tu te connais, plus ça pourra t’aider.
Cependant, pour te permettre d’aborder, ça de façon simple, je vais te proposer les deux types de morphologie osseuse que l’on rencontre le plus souvent :

Les longilignes, caractérisés, par des segments longs, et une cage thoracique plutôt étroite, un buste plutôt court. Souvent, ils sont grand, et c’est ceux que l’on favorise dans les secteurs de la mode par exemple. Chez eux, tout est long. Ce qui fait que les membres, bras et jambes, ont tendance à être plus musclés que le tronc (rien n’est jamais systématique bien sur). Poussé à l’extrême, ce type se rapproche des singes, aux grands bras. Les effets de levier du corps humain vont avoir tendance à les défavoriser pour le squat et le développé couché par exemple. Ceci dit, pour le deadlift, ils seront naturellement avantagés, et ils ont des lombaires très solides, ce qui leur permet de porter des charges lourdes sans trop souffrir de problèmes de dos.

Les brévilignes de l’autre côté, sont tout l’inverse, trapus, courts sur patte, mais avec un long buste, et une cage thoracique épaisse. Poussé à l’extrême, ce sont des gens atteints de nanisme. Ils sont favorisés pour les exercices type squat ou développé couché, qui ne les mettent pas en porte à faux. Cependant, les lombaires sont fragiles, et le deadlift est un vrai challenge pour eux.

Je crois que tu as commencé à comprendre le véritable intérêt de la morphologie en sport non ?
Là ou les morphotypes et autres conneries du style te disent de redéfinir tes objectifs, comme une limite infranchissable, la morphologie véritable appliquée au sport te dit de redéfinir les méthodes pour y arriver.

Il ne faut surtout pas se dire « je ne peux pas faire de développé couché car je suis longiligne, donc je n’aurai jamais un torse développé » mais au contraire, plutôt se faire la réflexion « Pour avoir un torse développé, je devrais plutôt privilégier les écartés couchés, ou les développés haltère ».

Il existe un grand nombre d’autres facteurs morphologiques, type la longueur des muscles. Suivant l’implantation musculaire, on aura des muscles plus ou moins gros, et plus ou moins efficaces. Il faut savoir ne pas l’ignorer, et travailler avec cela.

Enfin, il faut que tu saches déterminer ce qui est améliorable, de ce qui ne l’est pas, ce qui est morphologique de ce que peux acquérir. Ainsi, on parle de fibres musculaires lentes et rapides par exemple. Et ceux qui sont endurants partent du principe qu’ils ne seront jamais fort, à cause de cela.
Ne te prend pas la tête avec ça. On parle d’optimisation pour des athlètes olympiques, et même là, les recherches n’ont pas encore été menées à bien, car le corps possède une importante plasticité qu’on à tendance à oublier.
Au niveau souplesse aussi. Que tu le sois ou pas naturellement, tu peux très certainement arriver à au moins un grand écart (tout dépend de la configuration de tes os). Je ne dis pas qu’il faille le faire absolument, mais que tu ne peux pas t’en servir comme excuse : tout le monde peut être souple, voir très souple.
Etc, etc.

Bref, encore une fois donc, et ça sera le mot de la fin :

Ne te sert pas de la morphologie pour justifier tes échecs, mais plutôt pour t’assurer la victoire 🙂

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