Surentraînement : pourquoi tu ne l’atteindras pas

A moins que tu ne sois comme Yamcha et que tu veuilles t’entraîner à 300g pour le fun…



Si y’a bien une chose qui m’énerve, c’est les conneries qui font partie de la grande famille des « on dit » sur le sport. Tu commences à me connaître, ça me met hors de moi parce que c’est ce qui rentre dans le « savoir populaire » et qui est complètement débile.
Bien sur, il y en a dans tous les domaines hein, et chaque fois ça rivalise de bêtise. Mais bon, je peux pas m’attaquer à tout non plus, déjà que j’aurai pas assez d’une vie pour finir tout ce qu’il y a dire sur le sport.
Et si quelque chose fait partie de ça, en particulier avec l’avènement d’internet, c’est bien le surentraînement.

Le surentraînement est devenu une excuse pour les personnes qui n’ont pas envie de se donner outre mesure. C’est la solution de facilité quand on est un peu ou beaucoup fatigué. Et je vais t’expliquer ici en quoi il est très, très difficile de l’atteindre.

Les caractéristiques du surentraînement

Entraîne toi comme Zoro, après on en reparle.

Déjà, commençons par le début à savoir, qu’es-ce que c’est exactement ?
Eh bien cela réside en une phrase :
C’est l’épuisement des tes capacités de récupération.
Il en existe plusieurs types, qui peuvent arriver au même moment, ou bien un par un.
Effectivement, on peut dénombrer le surentraînement musculaire, ligamentaire, tendineux, articulaire, etc.
Pour te donner un exemple, parce que ça fonctionne globalement pareil avec tous donc pas besoin d’expliquer en détails pour chacun :
Mettons que les micro-déchirures que tu produis à chaque séance d’entraînement dans tes muscles soient trop importantes pour que ton corps puisse les réparer, eh bien comme ces micro déchirures vont persister, et qu’à la prochaine séance d’entraînement tu vas en rajouter encore, tu vas progressivement perdre ta force/endurance musculaire.

Etant donné que cela va engendrer un déséquilibre, que ton corps va avoir tendance à compenser en utilisant de façon différente ce qu’il a à disposition, un surentraînement peut vite en déclencher un autre.

Le mythe autour de ce sujet

Bon voilà pour la partie la plus sombre du surentraînement. Et oui, je ne nie pas que c’est un phénomène qui existe véritablement ! Certains en ont été victimes bien malgré eux, et ce n’est pas quelque chose que je souhaite à qui que ce soit. Maintenant, il faut arrêter pendant deux secondes.

Nous sommes dans une culture hypocondriaque au possible, et depuis internet, ça n’a fait qu’empirer. Qui n’est jamais allé sur doctissimo avec ses symptômes de la grippe et a cru avoir une demi douzaine de cancer et au moins 5 maladies exotiques ?

Eh bien on tourne dans le même genre de peur irrationnelle avec le surentraînement. On peut aussi associer ça au syndrome que j’appellerai « les tapettes de l’EPS ». Mais si, tu sais bien, ces gens là qui découvraient que le sport ça fait un peu mal quand on le pratique, et qui s’arrangeait toujours pour être sur le banc de touche à cause de maux imaginaires (j’ai même eu quelqu’un dans ma classe qui se plaignait que ça le brûlait dans ses poumons… Ben oui, c’est un peu normal hein !).

En gros, le fait que ça existe sert d’excuses à tous ceux qui ont envie d’en faire un peu, mais pas trop quand même. Et si tu es dans cette situation il faut que tu te questionnes sur tes réelles motivations, et pas sur le surentraînement.

Pourquoi je dis ça de manière aussi violente, et que j’en suis si catégoriquement sur ?

Ça fait quelques années que je fais du Kendo de manière intensive, je suis allé m’entraîner dans certaines des meilleures universités japonaises, ou les périodes d’entraînement intensives durent en moyenne 15 à 20 jours !
Soit 5 h de sport par jour, 6 jours par semaine, +2h de renforcement physique réparties en 2 séances.

Eh bien aussi étonnant que ça puisse paraître, certes, on est crevé au bout des quelques semaines (le plus long que j’ai fais était 10 jours à ce régime, et encore, on se couchait tard et on avait pas une diète excellente), on a le corps qui commence à tirer un peu, et on pourrait presque commencer à parler de surentraînement. Mais voilà, il faut en arriver à tout ça, et encore, pour être véritablement dans cet état là.

Autant dire que pour quelqu’un qui va en salle ou au sport 3 à 5 fois par semaine pour les courageux, c’est quasiment impossible d’atteindre un tel niveau de fatigue.
Bien sur, il y a des facteurs aggravants, comme un travail physique avec des heures supplémentaires, être nouvellement parent, avoir des insomnies, etc.
Mais dans l’ensemble, c’est finalement une très, très faible fraction de la population sportive qui est concernée.

Pour te donner d’autres exemples, je sais que même en temps normal, c’est minimum 2h d’entraînement par jour dans ces universités, et le cas du Kendo est loin d’être isolé, beaucoup de sportifs pro s’entraînent dans ces eaux là.
Il y a même un américain nommé James Lawrence qui a fait 50 triathlons en 50 jours, et devine quoi, à la fin il était certes, crevé, mais pas surentraîné !

Les mesures pour l’éviter

Ca sert à rien de te mettre dans des états pareils non plus :p

Même si je sais que maintenant, tu as conscience que le risque est minime, ça ne veut pas dire pour autant qu’il ne faut pas mettre toutes les choses de ton côté, par mesure de précaution, et puis parce que ça te permettra aussi d’avoir une hygiène de vie plus saine.

  • Assure toi de manger suffisamment équilibré, en particulier après des entraînements très intenses, des légumes, de la viande, de la graisse, je veux que tu manges de tout après ces entraînements là. Ne t’embête pas à suivre un régime, ni même à compter tes calories, ton corps a besoin de refaire ses stocks.
  • Dors un nombre d’heure suffisant par nuit. Le minimum vital pour chacun oscille entre 6 et 8. Il faut que tu trouves ton nombre d’heures optimal, car trop risque de te faire replonger dans une phase de sommeil paradoxal plutôt destructive que réparatrice. Et pas assez ben, tu le sentiras bien par toi même ahah !
  • Le surentraînement dépend des capacités de régénération de chacun. Si tu mets un stress important sur ton corps grâce à l’entraînement, ça peut aller très bien, tant que tes capacités régénératives sont supérieures. Cependant, même si il s’avère que quand on débute c’est le cas. Plus tu progresseras, plus le stress sera important, et moins la récupération sera évidente.
    Arrivé à un certain stade, il faudra opter pour des entraînements qui varient un peu. Pas tout chambouler, mais disons que si tu as 3 entraînements dans la semaine, essayer de ne pas faire les mêmes exercices à chacun des entraînements est une bonne chose.
  • De façon générale, essaye d’éliminer toutes les sources de stress superflues dans ta vie. Et trouve toi une activité relaxante, genre jouer aux jeux vidéos ou lire un livre. Prend toi un temps par jour pour ça 🙂
Voilà je pense que même si ça n’était pas exhaustif, tu es au moins un peu plus renseigné(e) là dessus, et j’espère que tu pourras diffuser l’information, afin que personne ne tombe dans cette hypocondrie moderne 🙂

Laisser un commentaire